L’ENREGISTREMENT
INTRODUCTION
Pour obtenir un résultat propre et professionnel, il y a trois étapes majeures pour un enregistrement réussi.
1. L’écoute, l’analyse et le traitement acoustique si nécessaire du lieu de l’enregistrement.
2. Le choix du ou des micros.
3. Leur placement.
4. Le travail en post-production.
Le choix de l’enregistreur est également une étape à ne pas négliger si le choix est possible, mais les facteurs déterminants pour un son de qualité sont surtout liés à l’appréhension de l’espace, le choix du micro et son placement.
Le travail en post-production, étape indispensable, doit être le plus fluide et rapide possible. Non seulement pour des questions de budget mais aussi, et surtout, pour des questions de temps : la post-prod son étant une des dernières étapes de la fabrication d’un film, nous n’avons jamais le temps que nous aurions aimé avoir.
Bien qu’on puisse faire des miracles aujourd’hui en post-prod (notamment avec l’avènement de l’IA), il ne faut pas compter sur le travail en post-prod et bacler sa prise de son. Cela coute cher et on a rarement le temps.
90% du travail se fait sur le terrain.
LES MICROPHONES
DYNAMIQUES
- Avantages : robustesse, capacité à encaisser des volumes élevés.
- Inconvénients : manque de précision.
Exemple : Shure SM 58
STATIQUES OU A CONDENSATEUR
- Avantages : précision, bande passante dynamique.
- Inconvénients : très sensible, aigus parfois agressifs.
Exemple : Neumann KM 184
A RUBAN
- Avantages : son chaleureux, naturel et doux.
- Inconvénients : très fragiles, prix élevés, peu de directivité, peu de gain.
Exemple : Beyerdynamic M 160
LA DIRECTIVITÉ
Les micros, outre leur type, peuvent avoir des directivités différentes. Il y en a trois principales à retenir.
CARDIOÏDE
Le micro cardioïde est celui qui nous servira probablement le plus souvent. Il capte le son principalement face à la capsule.
+ : Directif
+ : Moins sujet aux Larsen
– : Plus sensible à la coloration hors-axe et à l’effet de proximité *
Exemples : Shure SM58, SM57, la plupart des micros pour la voix, cuivres ou autre instrument à forte dynamique.
HYPERCARDIOÏDE
L’hypercardioïde est une variante du micro cardioïde mais encore plus directif, il est encore moins sensible aux sons hors axe. Peut être utile pour isoler une source sonore.
+ : Très directionnel, idéal pour la perche sur les tournages.
– : Parfois trop directionnel selon l’usage, le moindre mouvement peut changer la nature du son.
Exemples : les micros « canon » (Sennheiser MKE600, Rode série NTG)
OMNIDIRECTIONNEL
le micro omnidirectionnel va capter de manière égale le son à 360 degrés autour de la capsule.
+ : permet de capter également, quelle que soit la position du micro.
– : Plus sensible à l’acoustique de la pièce.
Exemples : micros lavallier, certains micros de studio (AKG C414).
* L’effet de proximité est un phénomène qui impacte principalement les micros cardioïdes et hyper-cardioïdes. Plus la source sonore est prochede ces micros, plus les fréquences graves seront marquées. Ceci peut être un effet désirable ou indésirable, selon le contexte.
LE PLACEMENT
Le positionnement du micro par rapport au sujet enregistré est primordial.
Les micros canon sont souvent utilisés pour capter les dialogues, le perchman doit donc être familier avec ceux-cis dans le cadre d’une fiction.
Il doit anticiper chaque réplique, trouver la position idéale (il y a toujours un angle qui flattera le timbre du sujet plus que d’autres), et replacer le micro dans la même position à chaque réplique.
Il doit prendre en compte l’environnement également : ne pas dépasser le micro dans le cadre, faire attention aux ombres et aux mouvements du reste de l’équipe technique lors d’une prise.
Pour les enregistrements en documentaire, si le sujet ne bouge pas trop, un micro peut être mis sur un pied.
Les micros lavallier, ou micros cravate, se mettent directement sur le sujet, dissimulé ou non dans les vêtements. Ces micros ont l’avantage de ne pas trop capter le son environnant, mais peuvent subir des frottements ou autres parasites durant l’action. C’est pourquoi il faut toujours avoir un micro externe, sur perche, sur pied ou sur caméra.
L’ENVIRONNEMENT ACOUSTIQUE
Lors d’un enregistrement sur un tournage, il faut repérer les « soucis » acoustiques, si possible lors d’un repérage. Les aspect principaux à surveiller sont :
1. Les reverbérations excessives
Problème : Un espace avec beaucoup de surfaces dures (murs en béton, vitres, carrelage) peut produire une réverbération gênante qui rend les dialogues moins intelligibles.
Solution :
- Installer des panneaux acoustiques ou des rideaux lourds pour absorber le son.
- Utiliser des tapis au sol pour réduire les réflexions.
- Placer des draps ou de la mousse acoustique sur les surfaces réfléchissantes.
2. Bruits ambiants indésirables
Problème : Bruits de circulation, climatisation, ventilation, personnes en arrière-plan.
Solution :
- Identifier et minimiser les sources de bruit (éteindre la climatisation si possible, fermer les fenêtres).
- Installer des panneaux anti-bruit autour des sources de perturbation.
- Prévoir des prises de son alternatives (prises de sécurité, micros d’ambiance pour atténuation en postproduction).
3. Echos et retours sonores
Problème : Présence d’échos causés par de grandes pièces vides ou des murs parallèles.
Solution :
- Modifier l’orientation des micros pour éviter la captation directe des échos.
- Utiliser des réflecteurs sonores pour diriger le son correctement.
4. Interférences électromagnétiques et bruits parasites.
Problème : Les micros sans fil peuvent capter des interférences de téléphones portables ou d’équipements électroniques.
Solution :
- Tester les fréquences et éviter celles utilisées par d’autres appareils.
- Eloigner les téléphones et autres équipements émetteurs d’ondes.
- Utiliser des câbles XLR bien blindés pour limiter les parasites.
5. Effets de proximité et directivité des micros
Problème : Un micro trop près d’un acteur peut causer un effet de proximité (excès de basses), tandis qu’un mauvais positionnement peut capter des sons parasites.
Solution :
- Choisir le bon type de micro (perche cardioïde pour isoler la voix, lavalier discret pour des dialogues nets).
- Ajuster la distance et l’angle du micro en fonction de la scène.
6. Conditions météorologiques en extérieur
Problème : Vent, pluie, bruits d’animaux ou de circulation.
Solution :
- Utiliser des bonnets anti-vent (blimps ou deadcats) pour les micros en extérieur.
- Placer les micros à l’abri du vent derrière des obstacles naturels ou artificiels.
7. Différences de niveaux sonores entre les scènes
Problème : Variations trop importantes du volume entre différentes prises ou scènes.
Solution :
-
- Vérifier les niveaux audio en temps réel avec un casque de qualité.
- Régler les gains du micro pour éviter la saturation ou un son trop faible.
L’ENREGISTREUR
Depuis l’avènement du numérique, on a de multiples choix pour enregistrer du son : ordinateur, téléphone, tablette, appareil photo, caméra… Toutefois, pour un rendu professionnel, il faut utiliser un enregistreur professionnel. Il en existe plusieurs sortes plus ou moins sophistiquées. Les qualités recherchées sont :
- La qualité du ou des microphones, s’il y en a. Certains enregistreurs ne sont pas munis de microphone, il faut en brancher un. D’autres en possèdent généralement deux, positionnés de manières à obtenir une prise stéréo. De plus on trouve souvent des entrées jack ou XLR supplémentaires pour ajouter d’autres micros ou remplacer ceux d’origine. Certains appareils permettent d’enregistrer 4 pistes en simultané, voire plus.
- La qualité des convertisseurs. Le son étant une donnée analogique par essence, l’appareil est muni d’un convertisseur AN (analogique-numérique) (an anglais : AD ou analog-digital) qui transforme le signal analogique en données numériques (des 0 et des 1). La qualité de fabrication de ces convertisseurs a un impact direct sur la qualité de la prise de son.
- Le choix parmi différents taux d’échantillonnage et de quantification.
Zoom H5
Tascam DR-40X
Sound Devices MixPre-6 II